ESOPE  /  Fables

ESOPE / Fables

120,00 €Prix

Les fables d’Esope / comédie / seconde édition / chez Theodore Girard / 1690 / Boursault Edme. Reliure velin ton ivoire de l’époque (déchirure) sur 1er plat / épistre à Mgr le Duc d’Aumont par Boursault (8pp), préface (7pp), les fables (101pp), privilège (1pp)

Ex libris : Jouannau de Nully

 

 

Après avoir failli sombrer aux premières représentations en janvier 1690, la comédie d’Ésope rencontre un grand succès. Pour la publication, en mars de la même année, Boursault modifie le titre pour Les Fables d’Ésope, et l’accompagne d’une « Préface nécessaire ». Cette nécessité tient d’une part à la nouveauté de la forme, qui allie fables et comédie dans une structure dramatique en parade, et d’autre part à la dimension moralisante d’une pièce finalement assez différente de la production comique contemporaine d’un Dancourt ou d’un Regnard.

La préface met d’abord en avant le succès rencontré par la pièce : elle a su plaire au public parce que les règles y sont observées. Boursault se défend logiquement ensuite des fautes que certains spectateurs, selon lui mal intentionnés, ont relevées. Il revient en premier lieu sur les anachronismes (Ésope rencontre notamment un huissier et une veuve de notaire) : ils sont nécessaires à la portée satirique et morale de sa pièce. En deuxième lieu, il défend le manque d’action qu’on lui a reproché : non seulement son sujet l’exige, mais c’est par là qu’il a pu introduire toute une série de personnages plaisants et qui ont donné lieu à des réflexions morales intéressantes. Les règles, comme les lois, ne prévoient pas tous les cas, et la nouveauté de sa comédie justifie qu’il ait en quelque sorte suivi l’esprit des règles plus que la lettre. Il est question en troisième lieu de la scène avec les enfants (III, 6), pour laquelle il justifie la vraisemblance des discours. Finalement, Boursault souligne les risques qu’il a pris avec sa comédie, notamment en suivant La Fontaine, et explique par la surprise du public l’accueil d’abord défavorable réservé à sa pièce. Les spectateurs ont compris son dessein dans un second temps et ont su alors apprécier l’instruction morale dont la comédie était porteuse.

Source : Paris - Sorbonne